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le Relais Burkina : foire aux questions

1. Quelles sont les raisons pour « Le Relais » de trier des vêtements au Burkina Faso ? Quelle idée était derrière cette décision ?

Il y a 2 raisons, l’une est sociale et l’autre économique :

La combinaison de ces deux réalités économique et sociale nous a amenés à continuer de faire en France ce qui y est justifié économiquement : la collecte et la préparation d’un produit « à finir », la finition du classage se faisant directement dans le pays consommateur où des emplois sont créés et des recettes d’autofinancement de projets locaux générées.

Comment est-ce que le contact avec OCADES a commencé ? Depuis quand est-ce qu’il y a cette coopération ? Comment cette coopération se passe-t-elle concrètement ?

La coopération avec l’Ocades est issue de relations d’amitié vieilles de plus de 30 ans avec le Père Léon (décédé en 2002) qui animait la communauté Emmaüs de Bruay La Buissière d’où est issu Le Relais . De ce réseau d’amis, est née une collaboration avec l’Ocades à qui nous avons démontré que les subsides qu’ils venaient chercher dans les pays du Nord pouvaient être générés par une activité friperie bien menée au Burkina si, de leur côté, ils étaient prêts à créer des activités économiques à but social.

3. Quelles difficultés aviez-vous au début de l’installation de la coopération ? Comment l’avez-vous maîtrisée ?

Le problème essentiel est de trouver des ressources humaines qui ont la capacité de gérer ce type d’activité et qui restent « de marbre » devant la circulation importante d’argent qui en découle. Dans une première étape, la compétence commerciale a été identifiée par l’Ocades mais les dérives se sont fait jour quant à l’argent. Le projet est rétabli économiquement et socialement depuis qu’un volontaire du Relais y est impliqué. La participation de l’Ocades est précieuse pour l’ancrage dans le tissu humain local, la reconnaissance des buts sociaux poursuivis, la crédibilité de nos objectifs vis à vis des autorités locales.

4. Combien d’hommes et femmes sont employés là et combien de vêtements sont-ils triés par mois ? Les employés ont-ils des postes de travail fixe (formel) et une protection sociale ?

Il y a 60 employés qui devraient passer à 100 ou 150 assez rapidement car jusqu’à aujourd’hui, le nombre d’employés a été limité par la surface de travail disponible. Nous avons dû construire un bâtiment car il n’y en avait pas de disponible ; ce bâtiment sera opérationnel fin Mars. Les employés sont déclarés après une période d’adaptation (environ 40 le sont actuellement mais l’objectif est qu’ils le soient tous). De plus, des aides à la scolarité, à la santé, à la mobilité et une mutuelle santé ont été mises en place. Bientôt des aides au logement « en dur » seront mises en place. L’ emploi est à visée durable. Fin 2005, plus de 200 tonnes étaient triées et commercialisées chaque mois.

5. Selon quels critères les vêtements sont-ils triés préalablement par « Le Relais » en France ? Les collègues dans le projet au Burkina Faso sont-ils satisfaits de la qualité des vêtements qu’ils reçoivent ? Y a-t-il une liste d’exigence avec ce qui est nécessaire au Burkina ?

Ce qui est envoyé au Burkina s’appelle « le mêlé » : c’est un produit qui regroupe dans une même balle tout ce qui peut être vendable là-bas (on retire par exemple le « lourd » c’est-à-dire les blousons, les pulls etc.). Cela représente entre 45 et 50 % de ce qui est collecté chez nous. La qualité est appréciée puisque les produits qui sortent du Relais Burkina se vendent correctement et que les déchets sont quasi inexistants, même si certaines catégories sont revendues, du fait de leur qualité, à très faible prix. Il faut trouver un point d’équilibre économique entre plus de tri chez nous donc un produit plus cher et moins de tri sans invendus à l’arrivée. En 2005, de l’avis de tous, ce point d’équilibre a été trouvé.

6. Les vêtements que les partenaires au Burkina reçoivent, sont ils achetés par eux a « Le Relais » ? Qui paye les frais de transport ainsi que le tarif de douane et les impôts d’importation ? Y a-t-il eu un transfert de connaissances pour le partenaire au Burkina, par exemple une formation de triage en France ? Y a-t-il des visites mutuelles régulières ?

Il s’agit bien, sur le plan économique, d’un échange commercial : Le Relais France vend au Relais Burkina à un prix qui inclue le transport jusque Lomé. De Lomé, Le Relais Burkina se charge de la réexpédition sur Koudougou, des dédouanements, du tri et de la revente . Les échanges se font par mail ou fax et les visites sont de l’ordre de 1 fois par an dans un sens et dans l’autre. Le transfert de savoir-faire s’est fait par la présence du volontaire du Relais France au Burkina .Il est prévu des échanges au niveau des personnels des différents entreprises (entre la France et le Burkina) mais ces échanges seront plus axés sur les rencontres interculturelles que sur le travail, même si celui-ci reste le point commun et le motif officiel des échanges. On peut évidemment se passer économiquement de ces échanges mais nous y tenons beaucoup car ils permettent de favoriser la réappropriation individuelle et collective des valeurs du Relais de part et d’autre par les employés eux mêmes.

7. Les vêtements sont-ils vendus après le tri à des commerçants où on offre directement aux consommateurs, par exemple au marché à Koudougou ?

Nous avons choisi de respecter les réseaux en place si ils y trouvent leur compte et nous aussi. Nous sommes donc en position de grossiste à Ouagadougou et à Koudougou et nous approvisionnons les semi-grossistes et détaillants sur place. Nous n’avons pas de vente directe aux consommateurs sauf une fois par mois à Koudougou pour brader les catégories invendues.

8. Comment sont le prix et la qualité en comparaison des vêtements usagées offerts dans la ville par d’autres commerçants ? Quelle part les vêtements triés par le projet ont-ils au total des vêtements usagés vendus dans la ville ?

Le rapport qualité prix est excellent et explique le développement de l’activité. La place sur le marché local n’est pas connue avec précision mais ce qui est sûr est que nous ne savons pas faire face aujourd’hui à toute la demande dans nos catégories de produits.

9. Que disent les autres importateurs de friperies à la concurrence par le projet d’OCADES ?

Compte tenu de ce qui précède, et donc du marché important, il n’y a pas aujourd’hui d’opposition exprimée. Tout se joue sur le terrain économique et le rapport qualité-prix des produits.

10. Qu’est-ce qui est fait avec les profits de la vente des vêtements triés ?

Après affectation d’une partie des bénéfices à la consolidation économique du projet (remboursement des dettes dues au démarrage défaillant, réduction de l’en cours fournisseur, investissements locaux, bâtiment notamment), une part est attribuée à l ’Ocades pour le financement de ses propres projets (ferme de culture de la spiruline, microcrédits, moulin...) et, ultérieurement, d’autres projets communs verront le jour. Déjà, une teinturerie et une centre de formation apicole avec coopérative de rachat et de commercialisation du miel a été soutenue. (250 apiculteurs d’ores et déjà formés, et près de 10 tonnes de miel commercialisés en 2005 avec un objectif de 15 en 2006).

11. Koudougou était la ville de la plus grande usine textile au Burkina Faso. L’usine a été fermée 2001. 600 travailleurs se sont retrouvés au chômage. Beaucoup de travailleurs attendent encore aujourd’hui leurs salaires. Il y a quelques semaines cette entreprise a été fondée à nouveau. Des textiles seront produits bientôt. Par les habitants dans la ville la friperie est-elle vu comme une concurrence injuste pour la production textile locale et/ou pour les tailleurs locaux ?

Lorsque Faso Fani a été fermée en 2001, des associations avaient sollicité des dons pour les travailleurs qui se retrouvaient au chômage sans indemnités. Nous ne nous sommes pas associés à cette démarche qui ne résolvait pas le problème en le traitant à la racine. Nous avions appris, via l ’Ocades, que la partie « impression de tissus » de Faso Fani était relativement neuve et opérationnelle. Nous avons cherché à nous positionner comme repreneurs mais les difficultés juridiques, administratives et politiques étaient telles que nous avons abandonné. Plutôt que de faire des dons qui ne se renouvelleraient pas éternellement, nous avons préféré nous impliquer dans la création d’ emplois au moyen de la friperie. C’est avec plaisir que nous avons appris le redémarrage de Faso Fani en Fasotex, et l’avenir prouvera que les emplois de Fasotex viendront s’ajouter à ceux du Relais Burkina, sans que les activités ne se gênent et ne se concurrencent économiquement. De toute façon, l’exploitation du coton qu’ils produisent par les burkinabés eux-mêmes est une démarche qu’il faut encourager. La friperie n’a jamais réellement concurrencé ce type d’ industrie que ce soit en Europe où le vêtement d’occasion se vend toujours ou en Afrique où la vrai concurrence pour l ’industrie africaine sera l’Asie qui achète le coton africain pour le revendre sous forme de vêtements neufs à un mauvais rapport qualité-prix. Quant aux tailleurs locaux, beaucoup travaillent à partir des produits de friperie en les adaptant aux modes locales réalisant ainsi une forme de syncrétisme culturel.

12. Le Relais soutient aussi des projets de triages dans d’autres pays africains. Comment sont-elles là vos expériences ? Trierez-vous à l’avenir plus des vêtements collectes en France, en Afrique ? Des postes de travail en France seraient-ils menacés ?

Nous démarrerons un Relais au Sénégal début Avril et avons été à l’origine d’un atelier à Lomé mais qui n’est pas géré par nous. L’ impact négatif sur l ’emploi en France est nul car en triant moins finement nous pouvons trier plus et développer les collectes. Depuis que nous travaillons en Afrique nos effectifs ont continué à augmenter en Europe, ceux au Burina venant s’y ajouter pour atteindre aujourd’hui au total (Europe+France) 1100 emplois.


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